Articles juridiques 24


Ălectorat et Ă©ligibilitĂ© CSE : qui peut voter et ĂȘtre Ă©lu ?
DĂ©terminer qui peut voter et qui peut ĂȘtre Ă©lu au ComitĂ© Social et Ăconomique (CSE) constitue une Ă©tape essentielle de lâorganisation des Ă©lections professionnelles.
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Cet article prĂ©sente de maniĂšre claire et opĂ©rationnelle, les rĂšgles relatives Ă l'Ă©lectorat et Ă lâĂ©ligibilitĂ©, en vigueur en matiĂšre dâĂ©lections du CSE, afin de rĂ©pondre Ă vos questionnements :Â
- Qui peut voter aux élections du CSE ?
- Qui peut ĂȘtre Ă©lu ?
- Quelles sont les conditions dâĂ©lectorat et dâĂ©ligibilitĂ© aux Ă©lections du CSE ?
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Qui peut voter aux élections du CSE ?
Tous les salariĂ©s peuvent voter dans le cadre des Ă©lections du CSE, quelle que soit la nature de leur contrat (CDI, CDD, alternanceâŠ), sâils respectent les conditions posĂ©es Ă lâarticle L. 2314-18 du Code du travail, Ă savoir :Â
- Ătre ĂągĂ©s de 16 ans rĂ©volus,
- Travailler dans lâentreprise depuis au moins 3 mois,
- Ne pas avoir fait lâobjet dâune interdiction, dĂ©chĂ©ance ou incapacitĂ© relative aux droits civiques.

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Lâemployeur (pris en la personne de son reprĂ©sentant lĂ©gal) ne peut pas voter aux Ă©lections professionnelles.
La Cour de cassation prĂ©cise que ces conditions doivent ĂȘtre remplies Ă la date du premier tour du scrutin. Le protocole dâaccord préélectoral (PAP) ne peut pas modifier la date dâapprĂ©ciation de ces conditions.
Un PAP peut dĂ©roger Ă la condition dâanciennetĂ© prĂ©vue par la loi, mais seulement dans un sens plus favorable : en rĂ©duisant/supprimant lâanciennetĂ© requise. Cette facultĂ© s'applique aussi bien aux 3 mois requis pour ĂȘtre Ă©lecteur qu'Ă l'annĂ©e d'anciennetĂ© nĂ©cessaire pour ĂȘtre Ă©ligible.
Les salariĂ©s bĂ©nĂ©ficient dâune prĂ©somption de jouissance de leurs droits civiques, sauf preuve contraire. Lâemployeur ne peut donc pas rĂ©clamer des salariĂ©s quâils rapportent la preuve matĂ©rielle de cette jouissance (en produisant par exemple un extrait de casier judiciaire ou une carte dâĂ©lecteur politique).Â
Bien que ces conditions gĂ©nĂ©rales permettent dâidentifier la majoritĂ© des Ă©lecteurs, certaines situations particuliĂšres appellent toutefois des prĂ©cisions.
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Cas des salariés mis à disposition
ConformĂ©ment Ă lâarticle L. 2314-23 du Code du travail, les salariĂ©s mis Ă disposition de lâentreprise peuvent ĂȘtre Ă©lecteurs dans lâentreprise dâaccueil sâils y travaillent depuis au moins 12 mois.Â
Ils ne peuvent nĂ©anmoins exercer leur droit de vote que dans une seule entreprise. Ils doivent ainsi choisir sâils souhaitent voter aux Ă©lections du CSE dans lâentreprise qui les emploie, ou dans lâentreprise utilisatrice.
Ce droit dâoption, renouvelable Ă chaque cycle Ă©lectoral, sâexerce au moment de lâorganisation des Ă©lections professionnelles dans lâentreprise dâaccueil. Cette derniĂšre doit informer les salariĂ©s mis Ă sa disposition de leur droit dâoption.
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Cas des salariés intérimaires
Les salariĂ©s intĂ©rimaires ne peuvent pas voter aux Ă©lections du CSE organisĂ©es au sein de lâentreprise utilisatrice. Ils ne peuvent pas, non plus, y prĂ©senter une candidature.
Ils ne peuvent voter, et se prĂ©senter, quâaux Ă©lections professionnelles qui ont lieu au sein de lâentreprise de travail temporaire (agence dâintĂ©rim) qui les emploie.Â
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Cas des salariés dont le contrat de travail est suspendu
Les salariĂ©s dont le contrat de travail est suspendu conservent leur qualitĂ© dâĂ©lecteur, dĂšs lors que les conditions liĂ©es Ă lâĂ©lectorat sont remplies.
Peuvent ainsi voter aux Ă©lections du CSE, les salariĂ©s :Â
- En arrĂȘt de travail pour maladie (dâorigine professionnelle ou non),
- En congé de maternité,
- En congĂ© parental dâĂ©ducation,Â
- Ou encore en mise Ă pied, ou en cours de licenciement (mĂȘme en cas de dispense de prĂ©avis).
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Est-on obligé de voter aux élections du CSE ?
Il nâest pas obligatoire de voter aux Ă©lections du CSE.
Le droit de vote aux Ă©lections professionnelles est une prĂ©rogative offerte aux salariĂ©s qui remplissent les conditions requises. Il ne sâagit pas dâune obligation.
Un salarié peut donc tout à fait refuser de voter.
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Affichage des listes électorales
Une fois les Ă©lecteurs identifiĂ©s, il appartient Ă lâemployeur dâĂ©tablir et dâafficher les listes Ă©lectorales. Il doit Ă©tablir une liste par collĂšge Ă©lectoral. Sâil nâexiste pas de dĂ©lai lĂ©gal strict, lâusage et la jurisprudence retiennent gĂ©nĂ©ralement un affichage au moins 4 jours avant les Ă©lections.
Si lâeffectif est modifiĂ© aprĂšs lâaffichage des listes, lâemployeur doit les mettre Ă jour.Â
Les listes Ă©lectorales doivent contenir les mentions suivantes :Â
- Nom et prénom des salariés électeurs,
- Leur Ăąge/date de naissance,
- Leur date d'embauche dans l'entreprise.
La jurisprudence impose Ă lâemployeur lâobligation de fournir aux syndicats les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires au contrĂŽle de l'effectif et de la rĂ©gularitĂ© des listes Ă©lectorales. Ces Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre fournis aux syndicats au cours de la nĂ©gociation du PAP, et en cas de contestation ultĂ©rieure.Â
Pour ce faire, lâemployeur peut notamment communiquer aux syndicats le registre unique du personnel et les dĂ©clarations sociales des annĂ©es concernĂ©es expurgĂ©s des Ă©lĂ©ments confidentiels (notamment relatifs Ă la rĂ©munĂ©ration des salariĂ©s).
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Qui peut ĂȘtre Ă©lu au CSE ?
Peuvent ĂȘtre Ă©lus, tous les salariĂ©s qui respectent les conditions posĂ©es Ă lâarticle L. 2314-19 du Code du travail, Ă savoir :Â
- Avoir la qualitĂ© dâĂ©lecteur,
- Ătre ĂągĂ© de 18 ans rĂ©volus,
- Travailler dans lâentreprise depuis au moins 1 an,
- Ne pas avoir certains liens de parentĂ© avec lâemployeur (conjoint, partenaire de PACS, etc),
- Ne pas disposer d'une dĂ©lĂ©gation Ă©crite particuliĂšre d'autoritĂ© lui permettant d'ĂȘtre assimilĂ© Ă l'employeur ou ne pas le reprĂ©senter effectivement devant le CSE (cette condition vise notamment les DRH).

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LĂ encore, ces conditions doivent ĂȘtre rĂ©unies Ă la date du premier tour des Ă©lections.
Les salariés ne sont éligibles que dans les collÚges électoraux auxquels ils appartiennent.
Les salariés travaillant à temps partiel simultanément dans plusieurs entreprises ne sont éligibles que dans l'une de ces entreprises. Ils choisissent celle dans laquelle ils font acte de candidature aux élections du CSE.
Ne peuvent pas ĂȘtre Ă©lus au CSE de lâentreprise :Â
- Les salariĂ©s mis Ă disposition de lâentreprise,
- Les salariés intérimaires.
En revanche, sont Ă©ligibles, sous rĂ©serve dâen respecter les conditions, les salariĂ©s dont le contrat de travail est suspendu (pour congĂ© parental dâĂ©ducation ou encore en cas de mise Ă pied).
Les principales conditions pour ĂȘtre Ă©lecteur ou Ă©ligible aux Ă©lections du CSE peuvent ĂȘtre rĂ©sumĂ©es dans le tableau suivant :
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Présentation des candidatures
Les élections professionnelles se font au scrutin de liste, à deux tours.
Au premier tour, le droit de prĂ©senter des candidatures est rĂ©servĂ© aux syndicats ayant Ă©tĂ© invitĂ©s Ă nĂ©gocier le PAP. Plus prĂ©cisĂ©ment, il sâagit des organisations syndicales qui satisfont aux sept critĂšres de reprĂ©sentativitĂ© prĂ©vus par le Code du travail :
- Respect des valeurs républicaines,
- Indépendance,
- Transparence financiĂšre,
- Ancienneté minimale de deux ans dans le champ professionnel et géographique de l'entreprise,
- Audience suffisante,
- Influence (prioritairement caractĂ©risĂ©e par lâactivitĂ© et lâexpĂ©rience),Â
- Effectifs d'adhérents et cotisations.
Ce nâest quâau second tour que les candidatures sont libres.
Au second tour, les candidatures individuelles doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme constituant une liste.
Les syndicats et candidats doivent dĂ©poser leurs listes auprĂšs de l'employeur. En lâabsence de modalitĂ©s prĂ©vues dans le PAP, le Code du travail nâimpose aucun formalisme en matiĂšre de dĂ©pĂŽt des candidatures.Â
Cependant, il est prĂ©fĂ©rable de rĂ©aliser ce dĂ©pĂŽt par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception (LRAR) ou par remise en main propre contre rĂ©cĂ©pissĂ©.Â
En effet, câest, par principe, Ă compter de la date de la remise de la candidature que commence Ă courir la protection des candidats aux Ă©lections professionnelles. Il est donc important de pouvoir dater ce moment de maniĂšre certaine.
Le Code du travail ne fixe pas de date limite pour dĂ©poser une candidature aux Ă©lections du CSE. La date limite de dĂ©pĂŽt des candidatures est souvent fixĂ©e par le PAP. Dans ce cas, cette date sâimpose aux candidats, et lâemployeur peut alors refuser les candidatures rĂ©alisĂ©es aprĂšs celle-ci, dĂšs lors quâil nâabuse pas de ce droit.
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Conclusion
LâĂ©lectorat et lâĂ©ligibilitĂ© aux Ă©lections du CSE reposent sur des conditions prĂ©cises dâĂąge, dâanciennetĂ©, de droits civiques et dâindĂ©pendance Ă lâĂ©gard de lâemployeur. Le respect de ces diffĂ©rentes conditions lĂ©gales sâapprĂ©cie Ă la date du premier tour des Ă©lections professionnelles.
MaĂźtriser les conditions dâĂ©lectorat et dâĂ©ligibilitĂ© du CSE constitue un atout majeur pour prĂ©parer efficacement les Ă©lections. Un approfondissement de ces sujets, notamment par le biais de formations spĂ©cialisĂ©es Ă destination des Ă©lus, permet Ă ces derniers de mieux apprĂ©hender les enjeux juridiques des Ă©lections professionnelles et dâen maĂźtriser les aspects pratiques.
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Ălections CSE 2026 : le guide pour les organiser
Le cadre juridique relatif Ă lâorganisation des Ă©lections du CSE est tellement fourni, technique, et parfois complexe, quâil peut vite devenir difficile dây voir clair.
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Au travers de ce guide, lâinstitut de formation en droit social de Paris (IFDSP) vous propose de revenir sur chaque Ă©tape de ce processus, afin de vous permettre de mieux comprendre quand, et comment organiser les Ă©lections du CSE.
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Quand organiser les élections du CSE ?
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Le Code du travail impose dâorganiser des Ă©lections afin de mettre en place un comitĂ© social et Ă©conomique (CSE) dĂšs lors que lâentreprise compte au moins 11 salariĂ©s depuis au moins 12 mois consĂ©cutifs.
Ce seuil dâeffectif sâapprĂ©cie en âĂ©quivalent temps pleinâ (ETP). Ainsi pour les salariĂ©s qui ne sont pas liĂ©s Ă lâentreprise par un contrat de travail Ă durĂ©e indĂ©terminĂ©e (CDI) Ă temps plein, il conviendra dâappliquer des rĂšgles de proratisation (article L. 1111-2 du Code du travail).
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Une fois ce seuil dâeffectif atteint, il appartient en principe Ă lâemployeur de prendre l'initiative dâorganiser les Ă©lections du CSE (Ă dĂ©faut, cela peut ĂȘtre constitutif dâun dĂ©lit dâentrave). Un salariĂ© ou un syndicat peut, en cas dâinertie de lâemployeur, demander Ă ce dernier dâorganiser les Ă©lections (celui-ci disposera alors dâun dĂ©lai dâun mois pour engager la procĂ©dure dâĂ©lection). Â
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Cette obligation sâimpose Ă toutes les entreprises du secteur privĂ©, mais Ă©galement Ă certains Ă©tablissements publics (EPIC, et EPA lorsqu'ils emploient du personnel dans des conditions de droit privĂ©), ou encore aux groupements dâintĂ©rĂȘts Ă©conomiques (GIE).
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Un CSE doit, par principe, ĂȘtre Ă©lu tous les 4 ans (ce qui correspond Ă la durĂ©e lĂ©gale du mandat du CSE). Cependant, il est possible de prĂ©voir par accord collectif de branche, de groupe ou d'entreprise, une durĂ©e de mandat diffĂ©rente, comprise entre 2 et 4 ans (dans cette hypothĂšse, le renouvellement du CSE doit respecter cette pĂ©riodicitĂ© conventionnelle).
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Les caractĂ©ristiques du scrutinÂ
Les Ă©lections de la dĂ©lĂ©gation du personnel au CSE se font au scrutin de liste Ă deux tours avec reprĂ©sentation proportionnelle Ă la plus forte moyenne (art. L.2314-29 al. 1 du Code du travail). Cela signifie que les siĂšges Ă pourvoir doivent ĂȘtre rĂ©partis entre les diffĂ©rentes listes de candidats proportionnellement au nombre de votes obtenus.
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Elles doivent par principe avoir lieu au scrutin secret, sous enveloppe, ou encore par vote électronique (sous certaines conditions).
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Il est nécessaire de réaliser des votes séparés pour les titulaires et suppléants dans chacun des collÚges.
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Peut-on voter si nous ne sommes pas prĂ©sents lors du scrutin ?Â
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Il est possible de recourir au vote par correspondance, sous rĂ©serve que cela soit prĂ©vu et encadrĂ© par le protocole dâaccord préélectoral (PAP). Dans ce cadre, lâemployeur adresse par courrier, aux salariĂ©s qui ne peuvent ĂȘtre prĂ©sents le jour des Ă©lections (notamment en cas de maladie), le matĂ©riel nĂ©cessaire pour voter (bulletins, enveloppes de vote et enveloppe dâenvoi). Le salariĂ© doit alors veiller Ă ce que les enveloppes contenant ses votes et sur lesquelles il doit apposer sa signature, soient reçues dans les dĂ©lais (avant le jour du scrutin).
Le vote par procuration est quant Ă lui interdit en matiĂšre dâĂ©lection professionnelle.
Qui peut voter aux élections du CSE ?
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Peuvent voter dans le cadre des Ă©lections du CSE, tous les salariĂ©s qui respectent les conditions posĂ©es Ă lâarticle L. 2314-18 du Code du travail, Ă savoir :Â
- Ătre ĂągĂ© de 16 ans rĂ©volus,
- Travailler dans lâentreprise depuis au moins 3 mois,
- Ne pas avoir fait lâobjet dâune interdiction, dĂ©chĂ©ance ou incapacitĂ© relative aux droits civiques.
La Cour de cassation prĂ©cise que ces conditions doivent ĂȘtre remplies Ă la date du premier tour du scrutin.
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Qui peut se présenter aux élections du CSE ?
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Peuvent se prĂ©senter aux Ă©lections du CSE, tous les salariĂ©s qui respectent les conditions posĂ©es Ă lâarticle L. 2314-19 du Code du travail, Ă savoir :Â
- Ătre ĂągĂ© de 18 ans rĂ©volus,
- Travailler dans lâentreprise depuis au moins 1 an,
- Ne pas avoir certains liens de parentĂ© avec lâemployeur (conjoint, partenaire de PACS, concubin, ascendants, descendants, frĂšres, sĆurs et alliĂ©s au mĂȘme degrĂ©),
- Ne pas disposer d'une dĂ©lĂ©gation Ă©crite particuliĂšre d'autoritĂ© lui permettant d'ĂȘtre assimilĂ© Ă l'employeur ou ne pas le reprĂ©senter effectivement devant le CSE (cette condition vise notamment les DRH).
LĂ encore, ces conditions doivent ĂȘtre rĂ©unies Ă la date du premier tour des Ă©lections.
Le nombre dâĂ©lus au CSEÂ
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Le nombre dâĂ©lus au CSE est par principe fixĂ© par le Code du travail, et dĂ©pend du nombre de salariĂ©s dans lâentreprise. La dĂ©lĂ©gation du personnel au CSE est composĂ©e dâun nombre Ă©gal dâĂ©lus titulaires et supplĂ©ants.Â
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NĂ©anmoins le protocole dâaccord préélectoral peut prĂ©voir un nombre dâĂ©lus diffĂ©rent.
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Le principe de reprĂ©sentation Ă©quilibrĂ©e femmes-hommesÂ
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Pour chaque collĂšge Ă©lectoral, les listes de candidats Ă©tablies par les syndicats intĂ©ressĂ©s doivent respecter un principe de reprĂ©sentation Ă©quilibrĂ©e femmes-hommes. Ce principe concerne uniquement les listes prĂ©sentĂ©es par les syndicats, et ne sâapplique pas aux candidatures libres (salariĂ©s sans Ă©tiquette syndicale) prĂ©sentĂ©es au second tour.
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Cela signifie que les listes qui comportent plusieurs candidats doivent :Â
- Dâune part, ĂȘtre composĂ©es d'un nombre de femmes et d'hommes correspondant Ă la part de femmes et d'hommes inscrits sur la liste Ă©lectorale,
- Dâautre part, ĂȘtre composĂ©es alternativement d'un candidat de chaque sexe jusqu'Ă Ă©puisement des candidats d'un des sexes.
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Lorsque le calcul de la part de femmes et dâhommes inscrits sur la liste Ă©lectorale nâaboutit pas Ă un nombre entier, il convient dâappliquer les rĂšgles dâarrondis prĂ©vues Ă lâarticle L. 2314-30 du Code du travail.
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Cette rĂšgle de reprĂ©sentation Ă©quilibrĂ©e Ă©tant dâordre public absolu, le protocole dâaccord préélectoral ne peut pas y dĂ©roger. En cas de non-respect de cette rĂšgle, le juge peut annuler lâĂ©lection des derniers Ă©lus du sexe surreprĂ©sentĂ©.
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Les collÚges électoraux
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Le Code du travail prĂ©voit que les membres de la dĂ©lĂ©gation du personnel au CSE sont, par principe, Ă©lus par deux collĂšges :Â
- Un premier collÚge comprenant les ouvriers et employés,
- Un second collÚge comprenant les ingénieurs, chefs de service, techniciens, agents de maßtrise et assimilés.
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La loi prĂ©cise que si le nombre des ingĂ©nieurs et cadres (et assimilĂ©s) est au moins Ă©gal Ă 25 au moment de la constitution ou du renouvellement du CSE, un troisiĂšme collĂšge doit ĂȘtre constituĂ©.
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Toutefois, dans les entreprises nâĂ©lisant quâun seul titulaire et un seul supplĂ©ant (notamment lorsque lâeffectif est compris entre 11 et 24 salariĂ©s), il est mis en place, pour chacune de ces Ă©lections, un collĂšge Ă©lectoral unique (ensemble du personnel).
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Le nombre et la composition des collĂšges Ă©lectoraux ne peuvent ĂȘtre modifiĂ©s que par un accord unanime des syndicats reprĂ©sentatifs.
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La rĂ©partition des siĂšges entre les diffĂ©rentes catĂ©gories de personnel et la rĂ©partition du personnel dans les collĂšges Ă©lectoraux doivent ĂȘtre fixĂ©es dans le protocole dâaccord préélectoral. Dans ce cadre, les critĂšres de rĂ©partition sont les suivants :Â
- Les siÚges affectés à chaque catégorie sont par principe répartis proportionnellement aux effectifs de chaque collÚge (plus une catégorie de personnel va compter de salariés, et plus elle obtiendra de siÚges),
- La rĂ©partition des Ă©lecteurs dans les collĂšges doit se faire en fonction de la nature des fonctions rĂ©ellement exercĂ©es par les salariĂ©s (en tenant compte de leur formation, de la technicitĂ© des tĂąches confiĂ©es, et du degrĂ© dâautonomie).
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Les étapes clés pour organiser les élections du CSE
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Une fois que les conditions dâorganisation des Ă©lections du CSE sont rĂ©unies, lâemployeur doit respecter une procĂ©dure spĂ©cifique pour organiser les Ă©lections, qui se compose de plusieurs Ă©tapes.
Information du personnel
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Lâemployeur doit tout dâabord informer le personnel de lâorganisation des Ă©lections du CSE (il doit le faire par tout moyen confĂ©rant date certaine Ă cette information). Dans ce cadre, il doit notamment prĂ©ciser la date envisagĂ©e pour le premier tour des Ă©lections.
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Invitation de syndicats
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Il doit Ă©galement informer, en parallĂšle, les organisations syndicales et les inviter Ă nĂ©gocier le protocole dâaccord préélectoral (PAP). La question se pose de savoir quelles organisations syndicales doivent ĂȘtre informĂ©es et invitĂ©es Ă nĂ©gocier le protocole dâaccord ?
Il sâagit, prĂ©cise la loi :Â
- Des organisations syndicales qui satisfont aux critĂšres de respect des valeurs rĂ©publicaines et d'indĂ©pendance, lĂ©galement constituĂ©es depuis au moins deux ans et dont le champ professionnel et gĂ©ographique couvre l'entreprise ou l'Ă©tablissement concernĂ©s (qui doivent ĂȘtre invitĂ©es par tout moyen) ;
- Des organisations syndicales reconnues reprĂ©sentatives dans l'entreprise ou l'Ă©tablissement, celles ayant constituĂ© une section syndicale dans l'entreprise ou l'Ă©tablissement, ainsi que les syndicats affiliĂ©s Ă une organisation syndicale reprĂ©sentative au niveau national et interprofessionnel (qui doivent ĂȘtre invitĂ©es par courrier).
Lâinvitation Ă nĂ©gocier le PAP doit parvenir Ă ces organisations au moins 15 jours avant la date de la premiĂšre rĂ©union de nĂ©gociation.
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Négociation du PAP
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Les organisations syndicales et lâemployeur ont alors pour objectif de nĂ©gocier et conclure un protocole dâaccord préélectoral. Le PAP est un accord qui a pour objet dâorganiser, de maniĂšre dĂ©taillĂ©e, les Ă©lections du CSE. Il prĂ©cise notamment :Â
- le nombre de siÚges à pourvoir et le nombre de collÚges électoraux,
- la proportion de femmes et dâhommes composant chaque collĂšge,
- les modalités d'organisation et de déroulement des opérations électorales.
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Pour ĂȘtre valable, le PAP doit avoir Ă©tĂ© conclu par la majoritĂ© des organisations syndicales intĂ©ressĂ©es ayant participĂ© Ă sa nĂ©gociation, et par les syndicats reprĂ©sentatifs ayant recueilli la majoritĂ© des suffrages exprimĂ©s lors des derniĂšres Ă©lections (on parle alors dâune condition de double majoritĂ©).
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Et sâil nây a pas de PAP ?Â
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Dans cette hypothĂšse, il convient de distinguer deux situations :Â
- Soit lâabsence de PAP rĂ©sulte du fait quâaucune organisation syndicale ne sâest prĂ©sentĂ©e lors de la rĂ©union de nĂ©gociation, et dans ce cas lâemployeur peut alors fixer les modalitĂ©s de dĂ©roulement des Ă©lections de maniĂšre unilatĂ©rale ;Â
- Soit lâabsence de PAP rĂ©sulte de lâimpossibilitĂ© des parties Ă parvenir Ă un accord, et dans ce cas il convient de saisir la DREETS (Direction rĂ©gionale de l'Ăconomie, de l'Emploi, du Travail et des SolidaritĂ©s) ainsi que le juge judiciaire afin quâils statuent sur les modalitĂ©s des Ă©lections (chacun dans son domaine de compĂ©tences).
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Quelles sont les étapes suivant la conclusion du PAP ?
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Une fois les modalitĂ©s des Ă©lections fixĂ©es par le PAP (ou de maniĂšre unilatĂ©rale par lâemployeur), il convient de :Â
- Constituer les bureaux de vote,
- Informer le personnel des modalités du 1er tour (date, horaires, lieu),
- Réaliser un appel à candidatures,
- Afficher les listes électorales, au moins 4 jours avant les élections,
- Publier les listes de candidats,
- Organiser une pĂ©riode de propagande Ă©lectorale (Ă lâoccasion de cette pĂ©riode, lâemployeur et ses reprĂ©sentants doivent faire preuve de la neutralitĂ© la plus stricte),
- Préparer le matériel de vote.
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Déroulement du premier tour
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Ă lâoccasion du premier tour des Ă©lections, les organisations syndicales invitĂ©es Ă nĂ©gocier le PAP disposent dâun monopole en matiĂšre de prĂ©sentation de candidatures. Ce nâest que dans le cadre du second tour que les candidatures sont libres (salariĂ©s sans Ă©tiquette syndicale).
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Le premier tour doit ĂȘtre organisĂ© dans les 90 jours suivant lâinformation du personnel relative Ă lâorganisation des Ă©lections du comitĂ© et dans les 15 jours prĂ©cĂ©dant la fin des mandats en cours en cas de renouvellement du CSE.
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On ne tient compte du premier tour du scrutin que si le quorum est atteint. C'est-à -dire si le nombre des votants est au moins égal à la moitié des électeurs inscrits.
Organisation dâun second tour
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Lâemployeur doit organiser un second tour dans les 15 jours suivant la date du premier tour, dans les cas suivants :Â
- En l'absence de quorum,
- En l'absence totale ou partielle de candidature,
- Sâil reste des siĂšges vacants Ă l'issue du premier tour.
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Dans le cadre du second tour des élections du CSE, aucun quorum n'est exigé.
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Dépouillement et rédaction du procÚs verbal
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Une fois le scrutin clos, le bureau de vote procĂšde immĂ©diatement au dĂ©pouillement, et proclame les rĂ©sultats. En cas de besoin, il peut dans ce cadre, se faire assister par des scrutateurs quâil dĂ©signe parmi les Ă©lecteurs.
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Immédiatement aprÚs la fin du dépouillement, le procÚs-verbal (PV) des élections est rédigé dans la salle de vote, en présence des électeurs, en deux exemplaires signés par tous les membres du bureau. Une fois le PV établi, les résultats sont proclamés en public par le président du bureau de vote et affichés par ses soins dans la salle de vote.
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La derniĂšre Ă©tape consiste Ă transmettre, dans les 15 jours suivant les Ă©lections, un exemplaire du PV au centre de traitement des Ă©lections professionnelles (CTEP), ainsi quâaux syndicats ayant prĂ©sentĂ© des candidats et Ă ceux ayant participĂ© Ă la nĂ©gociation du PAP.Â
Si le PV fait Ă©tat de la carence de CSE (et uniquement dans cette hypothĂšse), il doit Ă©galement ĂȘtre transmis, directement, Ă lâinspection du travail.
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Attribution des siĂšges entre les listes
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Lâattribution des siĂšges se fait dâabord en calculant le quotient Ă©lectoral, puis, sâil reste des siĂšges Ă pourvoir, sur la base de la plus forte moyenne.
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Le quotient électoral est égal au nombre total des suffrages valablement exprimés (déduction faite des votes blancs et nuls) par les électeurs du collÚge, divisé par le nombre de siÚges à pourvoir.
Une fois le quotient Ă©lectoral calculĂ©, il convient de dĂ©terminer le nombre de voix recueillies par chaque liste. Pour cela il faut comptabiliser le total des voix obtenues par chaque candidat et le diviser par le nombre de candidats de la liste concernĂ©e.Â
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Chaque liste se voit attribuer autant de siÚges que le nombre de voix recueilli par elle contient de fois le quotient électoral (art. R. 2314-19 du Code du travail).
Le nombre de siÚges obtenus sur la base du quotient électoral est donc déterminé selon la formule suivante : nombre de siÚges = moyenne des voix de la liste / quotient électoral.
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Sâil reste des siĂšges Ă pourvoir, ceux-ci sont attribuĂ©s sur la base de la plus forte moyenne (art. R. 2314-20 du Code du travail).
à cet effet, le nombre de voix obtenues par chaque liste est divisé par le nombre, augmenté d'une unité, des siÚges déjà attribués à la liste. Le premier siÚge non pourvu est attribué à la liste ayant la plus forte moyenne.
Il est nĂ©cessaire de renouveler cette opĂ©ration pour chacun des siĂšges non encore pourvus jusquâau dernier.
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Une fois le nombre de siĂšges attribuĂ© Ă chaque liste dĂ©terminĂ©, le bureau de vote dĂ©signe les Ă©lus au sein de chacune dâentre elles. La dĂ©signation des Ă©lus se fait par principe selon lâordre de prĂ©sentation des candidats sur les listes.Â
Cependant, si des noms ont été raturés, et que le nombre total des ratures est supérieur ou égal à 10% des suffrages valablement exprimés, l'attribution des siÚges se fait selon le nombre de voix obtenues par chaque candidat.
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Que se passe-t-il aprÚs les élections ?
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Ă lâissue des Ă©lections du CSE, sâouvre une pĂ©riode pendant laquelle il est possible de contester la rĂ©gularitĂ© du processus Ă©lectoral. Ce nâest quâĂ dĂ©faut de contestation dans le dĂ©lai imparti, que le CSE peut enfin dĂ©marrer son activitĂ©.
La contestation des Ă©lections du CSE : ce quâil faut savoir
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En cas de non-respect du processus Ă©lectoral (cf. ci-avant), de violation dâune rĂšgle dâordre public, ou dâun principe gĂ©nĂ©ral du droit Ă©lectoral, les Ă©lections du CSE peuvent ĂȘtre contestĂ©es par toute personne y ayant un intĂ©rĂȘt. Il peut sâagir de l'employeur, dâun salariĂ© de l'entreprise ou encore dâune organisation syndicale.
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Attention toutefois, compte tenu des enjeux, le dĂ©lai de prescription de lâaction en contestation des Ă©lections professionnelles est assez court. En effet, pour ĂȘtre recevables, les contestations relatives Ă la rĂ©gularitĂ© des opĂ©rations Ă©lectorales doivent ĂȘtre soulevĂ©es dans les 15 jours qui suivent l'Ă©lection. Le cas Ă©chĂ©ant, il est donc nĂ©cessaire dâagir vite.
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Ă lâoccasion dâun litige, le tribunal judiciaire peut ĂȘtre amenĂ© Ă annuler les Ă©lections, rendant ainsi nĂ©cessaire lâorganisation de nouvelles opĂ©rations Ă©lectorales.
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Le démarrage du nouveau CSE
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Le CSE nouvellement Ă©lu est alors convoquĂ© Ă une premiĂšre rĂ©union par son prĂ©sident (qui est lâemployeur). Ă cette occasion, devront ĂȘtre abordĂ©es diffĂ©rentes questions nĂ©cessaires Ă la mise en route du comitĂ©, telles que :Â
- la désignation du bureau (secrétaire et trésorier),
- la présentation de la documentation économique, juridique et financiÚre,
- ou encore la rédaction du rÚglement intérieur du CSE.
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En outre, les membres de la dĂ©lĂ©gation du personnel au CSE bĂ©nĂ©ficient de la formation nĂ©cessaire Ă l'exercice de leurs missions en matiĂšre de santĂ©, de sĂ©curitĂ© et de conditions de travail (article L. 2315-18 du Code du travail).Â
La durĂ©e minimale de cette formation est de 5 jours lors du premier mandat des Ă©lus, et de 3 jours en cas de renouvellement du mandat. Cependant les membres de la commission santĂ©, sĂ©curitĂ© et conditions de travail (CSSCT), lorsquâelle existe, conservent un droit Ă 5 jours mĂȘme en cas de renouvellement.
Dans les entreprises de plus de 50 salariĂ©s, les nouveaux Ă©lus titulaires bĂ©nĂ©ficient Ă©galement dâune formation Ă©conomique de 5 jours.
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Conclusion
Lâorganisation des Ă©lections du CSE suppose de respecter une procĂ©dure impliquant une succession dâĂ©tapes : informer le personnel, inviter les syndicats, nĂ©gocier le PAP et prĂ©parer concrĂštement le scrutin. Il convient ensuite dâorganiser le premier tour, puis si nĂ©cessaire un second tour, avant de dĂ©pouiller les votes et de formaliser les rĂ©sultats par la rĂ©daction dâun PV.
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Le respect du rĂ©gime juridique des Ă©lections du CSE est fondamental puisquâil va non seulement conditionner la validitĂ© du scrutin mais Ă©galement la lĂ©gitimitĂ© des reprĂ©sentants Ă©lus.
Il est donc primordial de bien prĂ©parer les Ă©lections en amont, et notamment Ă lâoccasion de la nĂ©gociation du protocole dâaccord préélectoral (PAP).
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ParitĂ© femmes-hommes : mĂȘme les listes incomplĂštes doivent la respecter
La Cour de cassation a rendu, le 1er octobre 2025, un arrĂȘt important pour les Ă©lections professionnelles : mĂȘme une liste syndicale incomplĂšte doit respecter la paritĂ© femmes-hommes (Cass. soc.,n° 24-60.189).
Lors des Ă©lections du CSE, la CFDT avait prĂ©sentĂ© une liste comportant uniquement deux candidats hommes, alors que le collĂšge Ă©lectoral comptait 41,67% de femmes et 58,33 % dâhommes. Ces deux candidats ont Ă©tĂ© Ă©lus dĂšs le premier tour. Une candidate dâun autre syndicat a contestĂ© lâĂ©lection, estimant que la rĂšgle de proportionnalitĂ© nâavait pas Ă©tĂ© respectĂ©e.
Le tribunal judiciaire avait validĂ© les rĂ©sultats. Mais la Cour de cassation a annulĂ© lâĂ©lection : mĂȘme une liste incomplĂšte doit reflĂ©ter la proportion femmes-hommes du collĂšge Ă©lectoral, conformĂ©ment aux articles L.2314-30 etL.2314-32 du Code du travail.
En pratique :
⹠Une liste incomplÚte est autorisée, mais elle doit respecter la proportion femmes-hommes.
âą Si la proportion nâest pas respectĂ©e, les Ă©lus du sexe surreprĂ©sentĂ© verront leur Ă©lection annulĂ©e.
âĄïž Ă retenir : la paritĂ© nâest pas une option, mĂȘme pour une liste incomplĂšte. Les syndicats doivent donc composer leurs candidatures avec une vigilance accrue.


TĂ©lĂ©travail et tickets restaurant : lâĂ©galitĂ© enfin confirmĂ©e
Les salariĂ©s en tĂ©lĂ©travail ont-ils droitaux tickets restaurant ? La question a longtemps divisĂ© les entreprises. Maisla Cour de cassation a tranchĂ© le 8 octobre 2025 : oui, les tĂ©lĂ©travailleursdoivent bĂ©nĂ©ficier du mĂȘme avantage que leurs collĂšgues sur site (Cass. soc.,n° 24-12.373).
M. G., salariĂ© en tĂ©lĂ©travail entre 2020 et 2022, ne recevait plus detitres-restaurant. Il a saisi les prudâhommes, qui lui ont donnĂ© raison.Lâemployeur a contestĂ©, sans succĂšs : la Cour de cassation a confirmĂ© la dĂ©cision.
Lâarticle L.1222-9 du Code du travail prĂ©voit que le tĂ©lĂ©travailleur disposedes mĂȘmes droits que le salariĂ© prĂ©sent dans lâentreprise. Et selon lesarticles L.3262-1 et R.3262-7, la seule condition pour bĂ©nĂ©ficier de ticketsrestaurant est que le repas soit compris dans la journĂ©e de travail.
En clair : travailler Ă distance ne retire pas le droit Ă cet avantage.
Ce quâil faut retenir :
⹠Le télétravail ne doit pas réduire les droits des salariés.
âą Les avantages du travail sur site (comme les tickets restaurant) sâappliquentaussi au tĂ©lĂ©travail.
âą Un refus de lâemployeur constitue une inĂ©galitĂ© de traitement.
âĄïž Ă retenir : tĂ©lĂ©travailler ne change rien Ă vos droits, ni Ă votre pausedĂ©jeuner !
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Transaction en droit du travail : un délai de 5 ans pour contester
Quand un conflit entre un salariĂ© et son employeur se termine par une transaction, on pense souvent que tout est dĂ©finitivement rĂ©glĂ©. Pourtant, la Cour de cassation vient de rappeler que la porte nâest pas totalement fermĂ©e : le salariĂ© dispose de cinq ans pour contester cette transaction, et non deux comme on le croyait parfois (Cass.soc., 8 oct. 2025, n° 23-23.501).
La transaction est un accord amiable par lequel salariĂ© et employeur mettent fin Ă un diffĂ©rend, souvent en Ă©change dâune somme dâargent. En signant, le salariĂ© dĂ©clare ĂȘtre satisfait et renonce Ă toute autre rĂ©clamation.
Mme N., employĂ©e de PĂŽle emploi (devenu France Travail), signe une transaction en 2015. Trois ans plus tard, elle saisit les prudâhommes pour lâannuler, estimant avoir subi un harcĂšlement moral. La cour dâappel rejette sa demande, jugeant quâelle est prescrite : pour elle, le dĂ©lai est de deux ans. Mais laCour de cassation nâest pas du mĂȘme avis.
Les juges expliquent que la contestation dâune transaction ne relĂšve pas du contrat de travail, mais du droit civil, puisquâil sâagit dâĂ©valuer la validitĂ© dâun accord. Elle obĂ©it donc au dĂ©lai de prescription de cinq ans prĂ©vu par le Code civil.
ConcrĂštement :
âą Action liĂ©e au contrat de travail (licenciement, salaire impayĂ©âŠ) â 2 ans (Code du travail)
âą Action portant sur la transaction (annulation de lâaccord signĂ©) â 5 ans (Code civil)
âĄïž Ă retenir : une transaction peut ĂȘtre contestĂ©e pendant cinq ans si lesalariĂ© estime quâelle a Ă©tĂ© signĂ©e sous pression, par erreur ou dans des conditions irrĂ©guliĂšres.
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Passeport de formation : un carnet de bord numérique pour la sécurité
Depuis 2025, chaque salariĂ© dispose dâun passeport de formation numĂ©rique qui regroupe toutes ses attestations en matiĂšre de santĂ© et sĂ©curitĂ© au travail. Objectif : tracer clairement le parcours de formation et aider lâemployeur Ă remplir ses obligations de prĂ©vention.
Le calendrier est progressif :
- dÚs septembre 2025, les organismes de formation doivent déclarer les formations suivies,
- Ă partir de 2026, les employeurs devront dĂ©clarer celles quâils organisent,
- enfin, dĂšs fin 2026, les salariĂ©s pourront y inscrire eux-mĂȘmes les formations suivies de leur propre initiative.
Il ne sâagit pas dâune obligation pour les Ă©lus du CSE, mais lâoutil vise Ă renforcer la transparence et la sĂ©curitĂ© pour tous.
La leçon : le passeport de formation devient un outil central pour prouver ses compétences en matiÚre de prévention et de sécurité.
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Heures supplémentaires : une preuve partagée
Qui doit prouver quoi lorsquâun salariĂ© rĂ©clame des heures supplĂ©mentaires ? La loi prĂ©voit un systĂšme Ă©quilibrĂ© : le salariĂ© doit prĂ©senter des Ă©lĂ©ments prĂ©cis, mais lâemployeur, qui contrĂŽle le temps de travail, doit rĂ©pondre et justifier.
Dans une affaire jugĂ©e en juillet 2025, une salariĂ©e avait apportĂ© mails envoyĂ©s tĂŽt ou tard, notes de frais, dĂ©placements, attestations⊠La Cour dâappel a jugĂ© ces preuves insuffisantes. Mais la Cour de cassation a corrigĂ© : ces Ă©lĂ©ments Ă©taient assez prĂ©cis pour inverser la charge de la preuve. CâĂ©tait Ă lâemployeur de se dĂ©fendre.
En pratique, le salariĂ© nâa pas Ă fournir une preuve parfaite, mais seulement des indices crĂ©dibles. Lâemployeur, lui, doit ĂȘtre rigoureux dans le suivi des horaires. Ă dĂ©faut, le juge penchera en faveur du salariĂ©.
La leçon : en matiĂšre dâheures supplĂ©mentaires, la preuve est partagĂ©e.





