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Consultation du CSE
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Quel est le rĂŽle du CSE ?

Élections professionnelles
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Électorat et Ă©ligibilitĂ© CSE : qui peut voter et ĂȘtre Ă©lu ?

DĂ©terminer qui peut voter et qui peut ĂȘtre Ă©lu au ComitĂ© Social et Économique (CSE) constitue une Ă©tape essentielle de l’organisation des Ă©lections professionnelles.

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Cet article prĂ©sente de maniĂšre claire et opĂ©rationnelle, les rĂšgles relatives Ă  l'Ă©lectorat et Ă  l’éligibilitĂ©, en vigueur en matiĂšre d’élections du CSE, afin de rĂ©pondre Ă  vos questionnements : 

  • Qui peut voter aux Ă©lections du CSE ?
  • Qui peut ĂȘtre Ă©lu ?
  • Quelles sont les conditions d’électorat et d’éligibilitĂ© aux Ă©lections du CSE ?
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Qui peut voter aux élections du CSE ?

Tous les salariĂ©s peuvent voter dans le cadre des Ă©lections du CSE, quelle que soit la nature de leur contrat (CDI, CDD, alternance
), s’ils respectent les conditions posĂ©es Ă  l’article L. 2314-18 du Code du travail, Ă  savoir : 

  • Être ĂągĂ©s de 16 ans rĂ©volus,
  • Travailler dans l’entreprise depuis au moins 3 mois,
  • Ne pas avoir fait l’objet d’une interdiction, dĂ©chĂ©ance ou incapacitĂ© relative aux droits civiques.
infographie qui peut voter au CSE

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L’employeur (pris en la personne de son reprĂ©sentant lĂ©gal) ne peut pas voter aux Ă©lections professionnelles.

La Cour de cassation prĂ©cise que ces conditions doivent ĂȘtre remplies Ă  la date du premier tour du scrutin. Le protocole d’accord préélectoral (PAP) ne peut pas modifier la date d’apprĂ©ciation de ces conditions.

Un PAP peut dĂ©roger Ă  la condition d’anciennetĂ© prĂ©vue par la loi, mais seulement dans un sens plus favorable : en rĂ©duisant/supprimant l’anciennetĂ© requise. Cette facultĂ© s'applique aussi bien aux 3 mois requis pour ĂȘtre Ă©lecteur qu'Ă  l'annĂ©e d'anciennetĂ© nĂ©cessaire pour ĂȘtre Ă©ligible.

Les salariĂ©s bĂ©nĂ©ficient d’une prĂ©somption de jouissance de leurs droits civiques, sauf preuve contraire. L’employeur ne peut donc pas rĂ©clamer des salariĂ©s qu’ils rapportent la preuve matĂ©rielle de cette jouissance (en produisant par exemple un extrait de casier judiciaire ou une carte d’électeur politique). 

Bien que ces conditions gĂ©nĂ©rales permettent d’identifier la majoritĂ© des Ă©lecteurs, certaines situations particuliĂšres appellent toutefois des prĂ©cisions.

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Cas des salariés mis à disposition

ConformĂ©ment Ă  l’article L. 2314-23 du Code du travail, les salariĂ©s mis Ă  disposition de l’entreprise peuvent ĂȘtre Ă©lecteurs dans l’entreprise d’accueil s’ils y travaillent depuis au moins 12 mois. 

Ils ne peuvent nĂ©anmoins exercer leur droit de vote que dans une seule entreprise. Ils doivent ainsi choisir s’ils souhaitent voter aux Ă©lections du CSE dans l’entreprise qui les emploie, ou dans l’entreprise utilisatrice.

Ce droit d’option, renouvelable Ă  chaque cycle Ă©lectoral, s’exerce au moment de l’organisation des Ă©lections professionnelles dans l’entreprise d’accueil. Cette derniĂšre doit informer les salariĂ©s mis Ă  sa disposition de leur droit d’option.

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Cas des salariés intérimaires

Les salariĂ©s intĂ©rimaires ne peuvent pas voter aux Ă©lections du CSE organisĂ©es au sein de l’entreprise utilisatrice. Ils ne peuvent pas, non plus, y prĂ©senter une candidature.

Ils ne peuvent voter, et se prĂ©senter, qu’aux Ă©lections professionnelles qui ont lieu au sein de l’entreprise de travail temporaire (agence d’intĂ©rim) qui les emploie. 

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Cas des salariés dont le contrat de travail est suspendu

Les salariĂ©s dont le contrat de travail est suspendu conservent leur qualitĂ© d’électeur, dĂšs lors que les conditions liĂ©es Ă  l’électorat sont remplies.

Peuvent ainsi voter aux élections du CSE, les salariés : 

  • En arrĂȘt de travail pour maladie (d’origine professionnelle ou non),
  • En congĂ© de maternitĂ©,
  • En congĂ© parental d’éducation, 
  • Ou encore en mise Ă  pied, ou en cours de licenciement (mĂȘme en cas de dispense de prĂ©avis).

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Est-on obligé de voter aux élections du CSE ?

Il n’est pas obligatoire de voter aux Ă©lections du CSE.

Le droit de vote aux Ă©lections professionnelles est une prĂ©rogative offerte aux salariĂ©s qui remplissent les conditions requises. Il ne s’agit pas d’une obligation.

Un salarié peut donc tout à fait refuser de voter.

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Affichage des listes électorales

Une fois les Ă©lecteurs identifiĂ©s, il appartient Ă  l’employeur d’établir et d’afficher les listes Ă©lectorales. Il doit Ă©tablir une liste par collĂšge Ă©lectoral. S’il n’existe pas de dĂ©lai lĂ©gal strict, l’usage et la jurisprudence retiennent gĂ©nĂ©ralement un affichage au moins 4 jours avant les Ă©lections.

Si l’effectif est modifiĂ© aprĂšs l’affichage des listes, l’employeur doit les mettre Ă  jour. 

À noter : aucune modification ne peut ĂȘtre apportĂ©e aux listes Ă©lectorales aprĂšs le premier tour des Ă©lections du CSE.

Les listes électorales doivent contenir les mentions suivantes : 

  • Nom et prĂ©nom des salariĂ©s Ă©lecteurs,
  • Leur Ăąge/date de naissance,
  • Leur date d'embauche dans l'entreprise.

La jurisprudence impose Ă  l’employeur l’obligation de fournir aux syndicats les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires au contrĂŽle de l'effectif et de la rĂ©gularitĂ© des listes Ă©lectorales. Ces Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre fournis aux syndicats au cours de la nĂ©gociation du PAP, et en cas de contestation ultĂ©rieure. 

Pour ce faire, l’employeur peut notamment communiquer aux syndicats le registre unique du personnel et les dĂ©clarations sociales des annĂ©es concernĂ©es expurgĂ©s des Ă©lĂ©ments confidentiels (notamment relatifs Ă  la rĂ©munĂ©ration des salariĂ©s).

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Qui peut ĂȘtre Ă©lu au CSE ?

Peuvent ĂȘtre Ă©lus, tous les salariĂ©s qui respectent les conditions posĂ©es Ă  l’article L. 2314-19 du Code du travail, Ă  savoir : 

  • Avoir la qualitĂ© d’électeur,
  • Être ĂągĂ© de 18 ans rĂ©volus,
  • Travailler dans l’entreprise depuis au moins 1 an,
  • Ne pas avoir certains liens de parentĂ© avec l’employeur (conjoint, partenaire de PACS, etc),
  • Ne pas disposer d'une dĂ©lĂ©gation Ă©crite particuliĂšre d'autoritĂ© lui permettant d'ĂȘtre assimilĂ© Ă  l'employeur ou ne pas le reprĂ©senter effectivement devant le CSE (cette condition vise notamment les DRH).
Infographie qui peut ĂȘtre Ă©lus au CSE

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LĂ  encore, ces conditions doivent ĂȘtre rĂ©unies Ă  la date du premier tour des Ă©lections.

Les salariés ne sont éligibles que dans les collÚges électoraux auxquels ils appartiennent.

Les salariés travaillant à temps partiel simultanément dans plusieurs entreprises ne sont éligibles que dans l'une de ces entreprises. Ils choisissent celle dans laquelle ils font acte de candidature aux élections du CSE.

Ne peuvent pas ĂȘtre Ă©lus au CSE de l’entreprise : 

  • Les salariĂ©s mis Ă  disposition de l’entreprise,
  • Les salariĂ©s intĂ©rimaires.

En revanche, sont Ă©ligibles, sous rĂ©serve d’en respecter les conditions, les salariĂ©s dont le contrat de travail est suspendu (pour congĂ© parental d’éducation ou encore en cas de mise Ă  pied).

Les principales conditions pour ĂȘtre Ă©lecteur ou Ă©ligible aux Ă©lections du CSE peuvent ĂȘtre rĂ©sumĂ©es dans le tableau suivant :

Condition Électeur (voter) Éligible (ĂȘtre Ă©lu)
Âge minimum 16 ans rĂ©volus 18 ans rĂ©volus
Ancienneté requise 3 mois 1 an
Jouissance des droits civiques Ne pas faire l’objet d’une interdiction, dĂ©chĂ©ance ou incapacitĂ© relative aux droits civiques Idem
Lien avec l’employeur - Ne pas ĂȘtre conjoint, partenaire de PACS, ascendant, descendant, frĂšre, sƓur ou alliĂ© de l’employeur
IndĂ©pendance vis-Ă -vis de l’employeur - Ne pas disposer d’une dĂ©lĂ©gation Ă©crite particuliĂšre d’autoritĂ© assimilant le salariĂ© Ă  l’employeur

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Présentation des candidatures

Les élections professionnelles se font au scrutin de liste, à deux tours.

Au premier tour, le droit de prĂ©senter des candidatures est rĂ©servĂ© aux syndicats ayant Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  nĂ©gocier le PAP. Plus prĂ©cisĂ©ment, il s’agit des organisations syndicales qui satisfont aux sept critĂšres de reprĂ©sentativitĂ© prĂ©vus par le Code du travail :

  • Respect des valeurs rĂ©publicaines,
  • IndĂ©pendance,
  • Transparence financiĂšre,
  • AnciennetĂ© minimale de deux ans dans le champ professionnel et gĂ©ographique de l'entreprise,
  • Audience suffisante,
  • Influence (prioritairement caractĂ©risĂ©e par l’activitĂ© et l’expĂ©rience), 
  • Effectifs d'adhĂ©rents et cotisations.

Ce n’est qu’au second tour que les candidatures sont libres.

Au second tour, les candidatures individuelles doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme constituant une liste.

Les syndicats et candidats doivent dĂ©poser leurs listes auprĂšs de l'employeur. En l’absence de modalitĂ©s prĂ©vues dans le PAP, le Code du travail n’impose aucun formalisme en matiĂšre de dĂ©pĂŽt des candidatures. 

Cependant, il est préférable de réaliser ce dépÎt par lettre recommandée avec avis de réception (LRAR) ou par remise en main propre contre récépissé. 

En effet, c’est, par principe, Ă  compter de la date de la remise de la candidature que commence Ă  courir la protection des candidats aux Ă©lections professionnelles. Il est donc important de pouvoir dater ce moment de maniĂšre certaine.

À noter : les candidatures imminentes, non encore formalisĂ©es, peuvent tout de mĂȘme, sous certaines conditions, ouvrir droit Ă  la protection contre le licenciement.

Le Code du travail ne fixe pas de date limite pour dĂ©poser une candidature aux Ă©lections du CSE. La date limite de dĂ©pĂŽt des candidatures est souvent fixĂ©e par le PAP. Dans ce cas, cette date s’impose aux candidats, et l’employeur peut alors refuser les candidatures rĂ©alisĂ©es aprĂšs celle-ci, dĂšs lors qu’il n’abuse pas de ce droit.

À noter : Les listes doivent impĂ©rativement respecter une reprĂ©sentation Ă©quilibrĂ©e des femmes et des hommes. La part de chaque sexe sur une liste doit correspondre Ă  leur proportion rĂ©elle dans le collĂšge Ă©lectoral concernĂ©, sous peine d'annulation de l'Ă©lection des candidats.

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Conclusion

L’électorat et l’éligibilitĂ© aux Ă©lections du CSE reposent sur des conditions prĂ©cises d’ñge, d’anciennetĂ©, de droits civiques et d’indĂ©pendance Ă  l’égard de l’employeur. Le respect de ces diffĂ©rentes conditions lĂ©gales s’apprĂ©cie Ă  la date du premier tour des Ă©lections professionnelles.

MaĂźtriser les conditions d’électorat et d’éligibilitĂ© du CSE constitue un atout majeur pour prĂ©parer efficacement les Ă©lections. Un approfondissement de ces sujets, notamment par le biais de formations spĂ©cialisĂ©es Ă  destination des Ă©lus, permet Ă  ces derniers de mieux apprĂ©hender les enjeux juridiques des Ă©lections professionnelles et d’en maĂźtriser les aspects pratiques.

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L’employeur peut-il voter aux Ă©lections du CSE ?

L’employeur ne peut pas voter aux Ă©lections du CSE. Seuls les salariĂ©s peuvent ĂȘtre Ă©lecteurs.

Les stagiaires peuvent-ils voter au CSE ?

Dans la mesure oĂč il est nĂ©cessaire d’avoir la qualitĂ© de salariĂ©, et donc de disposer d’un contrat de travail, pour voter aux Ă©lections professionnelles, les stagiaires ne peuvent pas participer aux opĂ©rations de vote.

Quelle anciennetĂ© pour ĂȘtre Ă©ligible aux Ă©lections du CSE ?

Pour pouvoir ĂȘtre Ă©lu au CSE, il est nĂ©cessaire d’avoir une anciennetĂ© au moins Ă©gale Ă  1 an.

Que se passe-t-il s’il n’y a pas de candidat ?

En l’absence de candidat Ă  la fois au premier tour et au second tour des Ă©lections professionnelles, aucun CSE ne peut ĂȘtre mis en place. Il convient alors d’établir un PV de carence.

Quel est le calendrier des élections du CSE ?

L’organisation des Ă©lections du CSE implique le respect du calendrier suivant :

  • Information du personnel
  • Invitation des syndicats
  • NĂ©gociation du protocole d’accord préélectoral (PAP)
  • Organisation du premier tour
  • Organisation du second tour (si nĂ©cessaire)
  • DĂ©pouillement des votes
  • Formalisation des rĂ©sultats par la rĂ©daction d’un PV

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Consultation du CSE
X min de lecture

Élections CSE 2026 : le guide pour les organiser

Le cadre juridique relatif Ă  l’organisation des Ă©lections du CSE est tellement fourni, technique, et parfois complexe, qu’il peut vite devenir difficile d’y voir clair.

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Au travers de ce guide, l’institut de formation en droit social de Paris (IFDSP) vous propose de revenir sur chaque Ă©tape de ce processus, afin de vous permettre de mieux comprendre quand, et comment organiser les Ă©lections du CSE.

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Quand organiser les élections du CSE ?

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Le Code du travail impose d’organiser des Ă©lections afin de mettre en place un comitĂ© social et Ă©conomique (CSE) dĂšs lors que l’entreprise compte au moins 11 salariĂ©s depuis au moins 12 mois consĂ©cutifs.

Ce seuil d’effectif s’apprĂ©cie en â€œĂ©quivalent temps plein” (ETP). Ainsi pour les salariĂ©s qui ne sont pas liĂ©s Ă  l’entreprise par un contrat de travail Ă  durĂ©e indĂ©terminĂ©e (CDI) Ă  temps plein, il conviendra d’appliquer des rĂšgles de proratisation (article L. 1111-2 du Code du travail).

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Une fois ce seuil d’effectif atteint, il appartient en principe Ă  l’employeur de prendre l'initiative d’organiser les Ă©lections du CSE (Ă  dĂ©faut, cela peut ĂȘtre constitutif d’un dĂ©lit d’entrave). Un salariĂ© ou un syndicat peut, en cas d’inertie de l’employeur, demander Ă  ce dernier d’organiser les Ă©lections (celui-ci disposera alors d’un dĂ©lai d’un mois pour engager la procĂ©dure d’élection).  

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Cette obligation s’impose Ă  toutes les entreprises du secteur privĂ©, mais Ă©galement Ă  certains Ă©tablissements publics (EPIC, et EPA lorsqu'ils emploient du personnel dans des conditions de droit privĂ©), ou encore aux groupements d’intĂ©rĂȘts Ă©conomiques (GIE).

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Un CSE doit, par principe, ĂȘtre Ă©lu tous les 4 ans (ce qui correspond Ă  la durĂ©e lĂ©gale du mandat du CSE). Cependant, il est possible de prĂ©voir par accord collectif de branche, de groupe ou d'entreprise, une durĂ©e de mandat diffĂ©rente, comprise entre 2 et 4 ans (dans cette hypothĂšse, le renouvellement du CSE doit respecter cette pĂ©riodicitĂ© conventionnelle).

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Les caractéristiques du scrutin 

Les Ă©lections de la dĂ©lĂ©gation du personnel au CSE se font au scrutin de liste Ă  deux tours avec reprĂ©sentation proportionnelle Ă  la plus forte moyenne (art. L.2314-29 al. 1 du Code du travail). Cela signifie que les siĂšges Ă  pourvoir doivent ĂȘtre rĂ©partis entre les diffĂ©rentes listes de candidats proportionnellement au nombre de votes obtenus.

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Elles doivent par principe avoir lieu au scrutin secret, sous enveloppe, ou encore par vote électronique (sous certaines conditions).

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Il est nécessaire de réaliser des votes séparés pour les titulaires et suppléants dans chacun des collÚges.

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Peut-on voter si nous ne sommes pas présents lors du scrutin ? 

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Il est possible de recourir au vote par correspondance, sous rĂ©serve que cela soit prĂ©vu et encadrĂ© par le protocole d’accord préélectoral (PAP). Dans ce cadre, l’employeur adresse par courrier, aux salariĂ©s qui ne peuvent ĂȘtre prĂ©sents le jour des Ă©lections (notamment en cas de maladie), le matĂ©riel nĂ©cessaire pour voter (bulletins, enveloppes de vote et enveloppe d’envoi). Le salariĂ© doit alors veiller Ă  ce que les enveloppes contenant ses votes et sur lesquelles il doit apposer sa signature, soient reçues dans les dĂ©lais (avant le jour du scrutin).

À noter : bien qu’il s’agisse par principe d’un dispositif facultatif, des stipulations conventionnelles (conventions collectives ou accords d’entreprise/Ă©tablissement) peuvent imposer la mise en place du vote par correspondance.

Le vote par procuration est quant Ă  lui interdit en matiĂšre d’élection professionnelle.

Qui peut voter aux élections du CSE ?

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Peuvent voter dans le cadre des Ă©lections du CSE, tous les salariĂ©s qui respectent les conditions posĂ©es Ă  l’article L. 2314-18 du Code du travail, Ă  savoir : 

  • Être ĂągĂ© de 16 ans rĂ©volus,
  • Travailler dans l’entreprise depuis au moins 3 mois,
  • Ne pas avoir fait l’objet d’une interdiction, dĂ©chĂ©ance ou incapacitĂ© relative aux droits civiques.

La Cour de cassation prĂ©cise que ces conditions doivent ĂȘtre remplies Ă  la date du premier tour du scrutin.

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Qui peut se présenter aux élections du CSE ?

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Peuvent se prĂ©senter aux Ă©lections du CSE, tous les salariĂ©s qui respectent les conditions posĂ©es Ă  l’article L. 2314-19 du Code du travail, Ă  savoir : 

  • Être ĂągĂ© de 18 ans rĂ©volus,
  • Travailler dans l’entreprise depuis au moins 1 an,
  • Ne pas avoir certains liens de parentĂ© avec l’employeur (conjoint, partenaire de PACS, concubin, ascendants, descendants, frĂšres, sƓurs et alliĂ©s au mĂȘme degrĂ©),
  • Ne pas disposer d'une dĂ©lĂ©gation Ă©crite particuliĂšre d'autoritĂ© lui permettant d'ĂȘtre assimilĂ© Ă  l'employeur ou ne pas le reprĂ©senter effectivement devant le CSE (cette condition vise notamment les DRH).

LĂ  encore, ces conditions doivent ĂȘtre rĂ©unies Ă  la date du premier tour des Ă©lections.

Le nombre d’élus au CSE 

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Le nombre d’élus au CSE est par principe fixĂ© par le Code du travail, et dĂ©pend du nombre de salariĂ©s dans l’entreprise. La dĂ©lĂ©gation du personnel au CSE est composĂ©e d’un nombre Ă©gal d’élus titulaires et supplĂ©ants. 

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Par exemple

  • Dans les entreprises employant entre 11 et 24 salariĂ©s, doivent ĂȘtre Ă©lus 1 titulaire et 1 supplĂ©ant,
  • Dans les entreprises employant entre 25 et 49 salariĂ©s, doivent ĂȘtre Ă©lus 2 titulaires et 2 supplĂ©ants,
  • Dans les entreprises employant entre 1500 et 1749 salariĂ©s, doivent ĂȘtre Ă©lus 20 titulaires et 20 supplĂ©ants.

NĂ©anmoins le protocole d’accord préélectoral peut prĂ©voir un nombre d’élus diffĂ©rent.

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Le principe de représentation équilibrée femmes-hommes 

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Pour chaque collĂšge Ă©lectoral, les listes de candidats Ă©tablies par les syndicats intĂ©ressĂ©s doivent respecter un principe de reprĂ©sentation Ă©quilibrĂ©e femmes-hommes. Ce principe concerne uniquement les listes prĂ©sentĂ©es par les syndicats, et ne s’applique pas aux candidatures libres (salariĂ©s sans Ă©tiquette syndicale) prĂ©sentĂ©es au second tour.

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Cela signifie que les listes qui comportent plusieurs candidats doivent : 

  • D’une part, ĂȘtre composĂ©es d'un nombre de femmes et d'hommes correspondant Ă  la part de femmes et d'hommes inscrits sur la liste Ă©lectorale,
  • D’autre part, ĂȘtre composĂ©es alternativement d'un candidat de chaque sexe jusqu'Ă  Ă©puisement des candidats d'un des sexes.

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Lorsque le calcul de la part de femmes et d’hommes inscrits sur la liste Ă©lectorale n’aboutit pas Ă  un nombre entier, il convient d’appliquer les rĂšgles d’arrondis prĂ©vues Ă  l’article L. 2314-30 du Code du travail.

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Cette rĂšgle de reprĂ©sentation Ă©quilibrĂ©e Ă©tant d’ordre public absolu, le protocole d’accord préélectoral ne peut pas y dĂ©roger. En cas de non-respect de cette rĂšgle, le juge peut annuler l’élection des derniers Ă©lus du sexe surreprĂ©sentĂ©.

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Les collÚges électoraux

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Le Code du travail prévoit que les membres de la délégation du personnel au CSE sont, par principe, élus par deux collÚges : 

  • Un premier collĂšge comprenant les ouvriers et employĂ©s,
  • Un second collĂšge comprenant les ingĂ©nieurs, chefs de service, techniciens, agents de maĂźtrise et assimilĂ©s.

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La loi prĂ©cise que si le nombre des ingĂ©nieurs et cadres (et assimilĂ©s) est au moins Ă©gal Ă  25 au moment de la constitution ou du renouvellement du CSE, un troisiĂšme collĂšge doit ĂȘtre constituĂ©.

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Toutefois, dans les entreprises n’élisant qu’un seul titulaire et un seul supplĂ©ant (notamment lorsque l’effectif est compris entre 11 et 24 salariĂ©s), il est mis en place, pour chacune de ces Ă©lections, un collĂšge Ă©lectoral unique (ensemble du personnel).

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Le nombre et la composition des collĂšges Ă©lectoraux ne peuvent ĂȘtre modifiĂ©s que par un accord unanime des syndicats reprĂ©sentatifs.

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La rĂ©partition des siĂšges entre les diffĂ©rentes catĂ©gories de personnel et la rĂ©partition du personnel dans les collĂšges Ă©lectoraux doivent ĂȘtre fixĂ©es dans le protocole d’accord préélectoral. Dans ce cadre, les critĂšres de rĂ©partition sont les suivants : 

  • Les siĂšges affectĂ©s Ă  chaque catĂ©gorie sont par principe rĂ©partis proportionnellement aux effectifs de chaque collĂšge (plus une catĂ©gorie de personnel va compter de salariĂ©s, et plus elle obtiendra de siĂšges),
  • La rĂ©partition des Ă©lecteurs dans les collĂšges doit se faire en fonction de la nature des fonctions rĂ©ellement exercĂ©es par les salariĂ©s (en tenant compte de leur formation, de la technicitĂ© des tĂąches confiĂ©es, et du degrĂ© d’autonomie).

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Les étapes clés pour organiser les élections du CSE

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Une fois que les conditions d’organisation des Ă©lections du CSE sont rĂ©unies, l’employeur doit respecter une procĂ©dure spĂ©cifique pour organiser les Ă©lections, qui se compose de plusieurs Ă©tapes.

Information du personnel

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L’employeur doit tout d’abord informer le personnel de l’organisation des Ă©lections du CSE (il doit le faire par tout moyen confĂ©rant date certaine Ă  cette information). Dans ce cadre, il doit notamment prĂ©ciser la date envisagĂ©e pour le premier tour des Ă©lections.

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Invitation de syndicats

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Il doit Ă©galement informer, en parallĂšle, les organisations syndicales et les inviter Ă  nĂ©gocier le protocole d’accord préélectoral (PAP). La question se pose de savoir quelles organisations syndicales doivent ĂȘtre informĂ©es et invitĂ©es Ă  nĂ©gocier le protocole d’accord ?

Il s’agit, prĂ©cise la loi : 

  • Des organisations syndicales qui satisfont aux critĂšres de respect des valeurs rĂ©publicaines et d'indĂ©pendance, lĂ©galement constituĂ©es depuis au moins deux ans et dont le champ professionnel et gĂ©ographique couvre l'entreprise ou l'Ă©tablissement concernĂ©s (qui doivent ĂȘtre invitĂ©es par tout moyen) ;
  • Des organisations syndicales reconnues reprĂ©sentatives dans l'entreprise ou l'Ă©tablissement, celles ayant constituĂ© une section syndicale dans l'entreprise ou l'Ă©tablissement, ainsi que les syndicats affiliĂ©s Ă  une organisation syndicale reprĂ©sentative au niveau national et interprofessionnel (qui doivent ĂȘtre invitĂ©es par courrier).

L’invitation Ă  nĂ©gocier le PAP doit parvenir Ă  ces organisations au moins 15 jours avant la date de la premiĂšre rĂ©union de nĂ©gociation.

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Négociation du PAP

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Les organisations syndicales et l’employeur ont alors pour objectif de nĂ©gocier et conclure un protocole d’accord préélectoral. Le PAP est un accord qui a pour objet d’organiser, de maniĂšre dĂ©taillĂ©e, les Ă©lections du CSE. Il prĂ©cise notamment : 

  • le nombre de siĂšges Ă  pourvoir et le nombre de collĂšges Ă©lectoraux,
  • la proportion de femmes et d’hommes composant chaque collĂšge,
  • les modalitĂ©s d'organisation et de dĂ©roulement des opĂ©rations Ă©lectorales.

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Pour ĂȘtre valable, le PAP doit avoir Ă©tĂ© conclu par la majoritĂ© des organisations syndicales intĂ©ressĂ©es ayant participĂ© Ă  sa nĂ©gociation, et par les syndicats reprĂ©sentatifs ayant recueilli la majoritĂ© des suffrages exprimĂ©s lors des derniĂšres Ă©lections (on parle alors d’une condition de double majoritĂ©).

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Et s’il n’y a pas de PAP ? 

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Dans cette hypothÚse, il convient de distinguer deux situations : 

  • Soit l’absence de PAP rĂ©sulte du fait qu’aucune organisation syndicale ne s’est prĂ©sentĂ©e lors de la rĂ©union de nĂ©gociation, et dans ce cas l’employeur peut alors fixer les modalitĂ©s de dĂ©roulement des Ă©lections de maniĂšre unilatĂ©rale ; 
  • Soit l’absence de PAP rĂ©sulte de l’impossibilitĂ© des parties Ă  parvenir Ă  un accord, et dans ce cas il convient de saisir la DREETS (Direction rĂ©gionale de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des SolidaritĂ©s) ainsi que le juge judiciaire afin qu’ils statuent sur les modalitĂ©s des Ă©lections (chacun dans son domaine de compĂ©tences).

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Quelles sont les étapes suivant la conclusion du PAP ?

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Une fois les modalitĂ©s des Ă©lections fixĂ©es par le PAP (ou de maniĂšre unilatĂ©rale par l’employeur), il convient de : 

  1. Constituer les bureaux de vote,
  2. Informer le personnel des modalités du 1er tour (date, horaires, lieu),
  3. Réaliser un appel à candidatures,
  4. Afficher les listes électorales, au moins 4 jours avant les élections,
  5. Publier les listes de candidats,
  6. Organiser une pĂ©riode de propagande Ă©lectorale (Ă  l’occasion de cette pĂ©riode, l’employeur et ses reprĂ©sentants doivent faire preuve de la neutralitĂ© la plus stricte),
  7. Préparer le matériel de vote.

Maßtrisez les réflexes juridiques et opérationnels essentiels pour organiser des élections CSE :

Me former au PAP

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Déroulement du premier tour

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À l’occasion du premier tour des Ă©lections, les organisations syndicales invitĂ©es Ă  nĂ©gocier le PAP disposent d’un monopole en matiĂšre de prĂ©sentation de candidatures. Ce n’est que dans le cadre du second tour que les candidatures sont libres (salariĂ©s sans Ă©tiquette syndicale).

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Le premier tour doit ĂȘtre organisĂ© dans les 90 jours suivant l’information du personnel relative Ă  l’organisation des Ă©lections du comitĂ© et dans les 15 jours prĂ©cĂ©dant la fin des mandats en cours en cas de renouvellement du CSE.

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On ne tient compte du premier tour du scrutin que si le quorum est atteint. C'est-à-dire si le nombre des votants est au moins égal à la moitié des électeurs inscrits.

À noter : mĂȘme en cas d’absence de quorum, le premier tour des Ă©lections professionnelles doit faire l'objet d'un dĂ©pouillement complet, car il sert Ă  mesurer la reprĂ©sentativitĂ© syndicale.

Organisation d’un second tour

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L’employeur doit organiser un second tour dans les 15 jours suivant la date du premier tour, dans les cas suivants : 

  • En l'absence de quorum,
  • En l'absence totale ou partielle de candidature,
  • S’il reste des siĂšges vacants Ă  l'issue du premier tour.

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Dans le cadre du second tour des élections du CSE, aucun quorum n'est exigé.

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Dépouillement et rédaction du procÚs verbal

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Une fois le scrutin clos, le bureau de vote procĂšde immĂ©diatement au dĂ©pouillement, et proclame les rĂ©sultats. En cas de besoin, il peut dans ce cadre, se faire assister par des scrutateurs qu’il dĂ©signe parmi les Ă©lecteurs.

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Immédiatement aprÚs la fin du dépouillement, le procÚs-verbal (PV) des élections est rédigé dans la salle de vote, en présence des électeurs, en deux exemplaires signés par tous les membres du bureau. Une fois le PV établi, les résultats sont proclamés en public par le président du bureau de vote et affichés par ses soins dans la salle de vote.

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La derniĂšre Ă©tape consiste Ă  transmettre, dans les 15 jours suivant les Ă©lections, un exemplaire du PV au centre de traitement des Ă©lections professionnelles (CTEP), ainsi qu’aux syndicats ayant prĂ©sentĂ© des candidats et Ă  ceux ayant participĂ© Ă  la nĂ©gociation du PAP. 

Si le PV fait Ă©tat de la carence de CSE (et uniquement dans cette hypothĂšse), il doit Ă©galement ĂȘtre transmis, directement, Ă  l’inspection du travail.

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Attribution des siĂšges entre les listes

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L’attribution des siĂšges se fait d’abord en calculant le quotient Ă©lectoral, puis, s’il reste des siĂšges Ă  pourvoir, sur la base de la plus forte moyenne.

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Le quotient électoral est égal au nombre total des suffrages valablement exprimés (déduction faite des votes blancs et nuls) par les électeurs du collÚge, divisé par le nombre de siÚges à pourvoir.

Par exemple, dans une entreprise oĂč le nombre de suffrages valablement exprimĂ©s est Ă©gal Ă  186, et dans laquelle il y a 5 siĂšges Ă  pourvoir au sein du CSE, le quotient Ă©lectoral est Ă©gal Ă  : 186 / 5 = 37,2.

Une fois le quotient électoral calculé, il convient de déterminer le nombre de voix recueillies par chaque liste. Pour cela il faut comptabiliser le total des voix obtenues par chaque candidat et le diviser par le nombre de candidats de la liste concernée. 

Par exemple, si une liste composée de 5 candidats a obtenu 405 voix, le nombre de voix recueillies par chaque liste est égal à : 405 / 5 = 81.

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Chaque liste se voit attribuer autant de siÚges que le nombre de voix recueilli par elle contient de fois le quotient électoral (art. R. 2314-19 du Code du travail).

Le nombre de siÚges obtenus sur la base du quotient électoral est donc déterminé selon la formule suivante : nombre de siÚges = moyenne des voix de la liste / quotient électoral.

Dans notre exemple, la liste A peut prétendre, par application du critÚre du quotient électoral à : 81 / 37,2 = 2 siÚges.

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S’il reste des siĂšges Ă  pourvoir, ceux-ci sont attribuĂ©s sur la base de la plus forte moyenne (art. R. 2314-20 du Code du travail).
À cet effet, le nombre de voix obtenues par chaque liste est divisĂ© par le nombre, augmentĂ© d'une unitĂ©, des siĂšges dĂ©jĂ  attribuĂ©s Ă  la liste. Le premier siĂšge non pourvu est attribuĂ© Ă  la liste ayant la plus forte moyenne.

Dans notre exemple, la moyenne de la liste A est Ă©gale Ă  : 81 / (2 + 1) = 27. Cette moyenne devra ĂȘtre comparĂ©e avec celles des autres listes.

Il est nĂ©cessaire de renouveler cette opĂ©ration pour chacun des siĂšges non encore pourvus jusqu’au dernier.

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Une fois le nombre de siĂšges attribuĂ© Ă  chaque liste dĂ©terminĂ©, le bureau de vote dĂ©signe les Ă©lus au sein de chacune d’entre elles. La dĂ©signation des Ă©lus se fait par principe selon l’ordre de prĂ©sentation des candidats sur les listes. 

Cependant, si des noms ont été raturés, et que le nombre total des ratures est supérieur ou égal à 10% des suffrages valablement exprimés, l'attribution des siÚges se fait selon le nombre de voix obtenues par chaque candidat.

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Que se passe-t-il aprÚs les élections ?

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À l’issue des Ă©lections du CSE, s’ouvre une pĂ©riode pendant laquelle il est possible de contester la rĂ©gularitĂ© du processus Ă©lectoral. Ce n’est qu’à dĂ©faut de contestation dans le dĂ©lai imparti, que le CSE peut enfin dĂ©marrer son activitĂ©.

La contestation des Ă©lections du CSE : ce qu’il faut savoir

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En cas de non-respect du processus Ă©lectoral (cf. ci-avant), de violation d’une rĂšgle d’ordre public, ou d’un principe gĂ©nĂ©ral du droit Ă©lectoral, les Ă©lections du CSE peuvent ĂȘtre contestĂ©es par toute personne y ayant un intĂ©rĂȘt. Il peut s’agir de l'employeur, d’un salariĂ© de l'entreprise ou encore d’une organisation syndicale.

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Attention toutefois, compte tenu des enjeux, le dĂ©lai de prescription de l’action en contestation des Ă©lections professionnelles est assez court. En effet, pour ĂȘtre recevables, les contestations relatives Ă  la rĂ©gularitĂ© des opĂ©rations Ă©lectorales doivent ĂȘtre soulevĂ©es dans les 15 jours qui suivent l'Ă©lection. Le cas Ă©chĂ©ant, il est donc nĂ©cessaire d’agir vite.

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À l’occasion d’un litige, le tribunal judiciaire peut ĂȘtre amenĂ© Ă  annuler les Ă©lections, rendant ainsi nĂ©cessaire l’organisation de nouvelles opĂ©rations Ă©lectorales.

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Le démarrage du nouveau CSE

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Le CSE nouvellement Ă©lu est alors convoquĂ© Ă  une premiĂšre rĂ©union par son prĂ©sident (qui est l’employeur). À cette occasion, devront ĂȘtre abordĂ©es diffĂ©rentes questions nĂ©cessaires Ă  la mise en route du comitĂ©, telles que : 

  • la dĂ©signation du bureau (secrĂ©taire et trĂ©sorier),
  • la prĂ©sentation de la documentation Ă©conomique, juridique et financiĂšre,
  • ou encore la rĂ©daction du rĂšglement intĂ©rieur du CSE.

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En outre, les membres de la délégation du personnel au CSE bénéficient de la formation nécessaire à l'exercice de leurs missions en matiÚre de santé, de sécurité et de conditions de travail (article L. 2315-18 du Code du travail). 

La durĂ©e minimale de cette formation est de 5 jours lors du premier mandat des Ă©lus, et de 3 jours en cas de renouvellement du mandat. Cependant les membres de la commission santĂ©, sĂ©curitĂ© et conditions de travail (CSSCT), lorsqu’elle existe, conservent un droit Ă  5 jours mĂȘme en cas de renouvellement.

Dans les entreprises de plus de 50 salariĂ©s, les nouveaux Ă©lus titulaires bĂ©nĂ©ficient Ă©galement d’une formation Ă©conomique de 5 jours.

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Conclusion

L’organisation des Ă©lections du CSE suppose de respecter une procĂ©dure impliquant une succession d’étapes : informer le personnel, inviter les syndicats, nĂ©gocier le PAP et prĂ©parer concrĂštement le scrutin. Il convient ensuite d’organiser le premier tour, puis si nĂ©cessaire un second tour, avant de dĂ©pouiller les votes et de formaliser les rĂ©sultats par la rĂ©daction d’un PV.

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Le respect du rĂ©gime juridique des Ă©lections du CSE est fondamental puisqu’il va non seulement conditionner la validitĂ© du scrutin mais Ă©galement la lĂ©gitimitĂ© des reprĂ©sentants Ă©lus.

Il est donc primordial de bien prĂ©parer les Ă©lections en amont, et notamment Ă  l’occasion de la nĂ©gociation du protocole d’accord préélectoral (PAP).

Élections professionnelles
Obligations légales
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ParitĂ© femmes-hommes : mĂȘme les listes incomplĂštes doivent la respecter

La Cour de cassation a rendu, le 1er octobre 2025, un arrĂȘt important pour les Ă©lections professionnelles : mĂȘme une liste syndicale incomplĂšte doit respecter la paritĂ© femmes-hommes (Cass. soc.,n° 24-60.189).

Lors des Ă©lections du CSE, la CFDT avait prĂ©sentĂ© une liste comportant uniquement deux candidats hommes, alors que le collĂšge Ă©lectoral comptait 41,67% de femmes et 58,33 % d’hommes. Ces deux candidats ont Ă©tĂ© Ă©lus dĂšs le premier tour. Une candidate d’un autre syndicat a contestĂ© l’élection, estimant que la rĂšgle de proportionnalitĂ© n’avait pas Ă©tĂ© respectĂ©e.

Le tribunal judiciaire avait validĂ© les rĂ©sultats. Mais la Cour de cassation a annulĂ© l’élection : mĂȘme une liste incomplĂšte doit reflĂ©ter la proportion femmes-hommes du collĂšge Ă©lectoral, conformĂ©ment aux articles L.2314-30 etL.2314-32 du Code du travail.

En pratique :
‱ Une liste incomplĂšte est autorisĂ©e, mais elle doit respecter la proportion femmes-hommes.
‱ Si la proportion n’est pas respectĂ©e, les Ă©lus du sexe surreprĂ©sentĂ© verront leur Ă©lection annulĂ©e.

âžĄïž À retenir : la paritĂ© n’est pas une option, mĂȘme pour une liste incomplĂšte. Les syndicats doivent donc composer leurs candidatures avec une vigilance accrue.

Relations individuelles de travail
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TĂ©lĂ©travail et tickets restaurant : l’égalitĂ© enfin confirmĂ©e

Les salariĂ©s en tĂ©lĂ©travail ont-ils droitaux tickets restaurant ? La question a longtemps divisĂ© les entreprises. Maisla Cour de cassation a tranchĂ© le 8 octobre 2025 : oui, les tĂ©lĂ©travailleursdoivent bĂ©nĂ©ficier du mĂȘme avantage que leurs collĂšgues sur site (Cass. soc.,n° 24-12.373).

M. G., salariĂ© en tĂ©lĂ©travail entre 2020 et 2022, ne recevait plus detitres-restaurant. Il a saisi les prud’hommes, qui lui ont donnĂ© raison.L’employeur a contestĂ©, sans succĂšs : la Cour de cassation a confirmĂ© la dĂ©cision.

L’article L.1222-9 du Code du travail prĂ©voit que le tĂ©lĂ©travailleur disposedes mĂȘmes droits que le salariĂ© prĂ©sent dans l’entreprise. Et selon lesarticles L.3262-1 et R.3262-7, la seule condition pour bĂ©nĂ©ficier de ticketsrestaurant est que le repas soit compris dans la journĂ©e de travail.

En clair : travailler Ă  distance ne retire pas le droit Ă  cet avantage.

Ce qu’il faut retenir :
‱ Le tĂ©lĂ©travail ne doit pas rĂ©duire les droits des salariĂ©s.
‱ Les avantages du travail sur site (comme les tickets restaurant) s’appliquentaussi au tĂ©lĂ©travail.
‱ Un refus de l’employeur constitue une inĂ©galitĂ© de traitement.

âžĄïž À retenir : tĂ©lĂ©travailler ne change rien Ă  vos droits, ni Ă  votre pausedĂ©jeuner !

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Relations individuelles de travail
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Transaction en droit du travail : un délai de 5 ans pour contester

Quand un conflit entre un salariĂ© et son employeur se termine par une transaction, on pense souvent que tout est dĂ©finitivement rĂ©glĂ©. Pourtant, la Cour de cassation vient de rappeler que la porte n’est pas totalement fermĂ©e : le salariĂ© dispose de cinq ans pour contester cette transaction, et non deux comme on le croyait parfois (Cass.soc., 8 oct. 2025, n° 23-23.501).

La transaction est un accord amiable par lequel salariĂ© et employeur mettent fin Ă  un diffĂ©rend, souvent en Ă©change d’une somme d’argent. En signant, le salariĂ© dĂ©clare ĂȘtre satisfait et renonce Ă  toute autre rĂ©clamation.

Mme N., employĂ©e de PĂŽle emploi (devenu France Travail), signe une transaction en 2015. Trois ans plus tard, elle saisit les prud’hommes pour l’annuler, estimant avoir subi un harcĂšlement moral. La cour d’appel rejette sa demande, jugeant qu’elle est prescrite : pour elle, le dĂ©lai est de deux ans. Mais laCour de cassation n’est pas du mĂȘme avis.

Les juges expliquent que la contestation d’une transaction ne relĂšve pas du contrat de travail, mais du droit civil, puisqu’il s’agit d’évaluer la validitĂ© d’un accord. Elle obĂ©it donc au dĂ©lai de prescription de cinq ans prĂ©vu par le Code civil.

ConcrĂštement :
‱ Action liĂ©e au contrat de travail (licenciement, salaire impayé ) → 2 ans (Code du travail)
‱ Action portant sur la transaction (annulation de l’accord signĂ©) → 5 ans (Code civil)

âžĄïž À retenir : une transaction peut ĂȘtre contestĂ©e pendant cinq ans si lesalariĂ© estime qu’elle a Ă©tĂ© signĂ©e sous pression, par erreur ou dans des conditions irrĂ©guliĂšres.

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Santé et Sécurité
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Passeport de formation : un carnet de bord numérique pour la sécurité

Depuis 2025, chaque salariĂ© dispose d’un passeport de formation numĂ©rique qui regroupe toutes ses attestations en matiĂšre de santĂ© et sĂ©curitĂ© au travail. Objectif : tracer clairement le parcours de formation et aider l’employeur Ă  remplir ses obligations de prĂ©vention.

Le calendrier est progressif :
- dÚs septembre 2025, les organismes de formation doivent déclarer les formations suivies,
- Ă  partir de 2026, les employeurs devront dĂ©clarer celles qu’ils organisent,
- enfin, dĂšs fin 2026, les salariĂ©s pourront y inscrire eux-mĂȘmes les formations suivies de leur propre initiative.

Il ne s’agit pas d’une obligation pour les Ă©lus du CSE, mais l’outil vise Ă  renforcer la transparence et la sĂ©curitĂ© pour tous.

La leçon : le passeport de formation devient un outil central pour prouver ses compétences en matiÚre de prévention et de sécurité.

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Relations individuelles de travail
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Heures supplémentaires : une preuve partagée

Qui doit prouver quoi lorsqu’un salariĂ© rĂ©clame des heures supplĂ©mentaires ? La loi prĂ©voit un systĂšme Ă©quilibrĂ© : le salariĂ© doit prĂ©senter des Ă©lĂ©ments prĂ©cis, mais l’employeur, qui contrĂŽle le temps de travail, doit rĂ©pondre et justifier.

Dans une affaire jugĂ©e en juillet 2025, une salariĂ©e avait apportĂ© mails envoyĂ©s tĂŽt ou tard, notes de frais, dĂ©placements, attestations
 La Cour d’appel a jugĂ© ces preuves insuffisantes. Mais la Cour de cassation a corrigĂ© : ces Ă©lĂ©ments Ă©taient assez prĂ©cis pour inverser la charge de la preuve. C’était Ă  l’employeur de se dĂ©fendre.

En pratique, le salariĂ© n’a pas Ă  fournir une preuve parfaite, mais seulement des indices crĂ©dibles. L’employeur, lui, doit ĂȘtre rigoureux dans le suivi des horaires. À dĂ©faut, le juge penchera en faveur du salariĂ©.

La leçon : en matiĂšre d’heures supplĂ©mentaires, la preuve est partagĂ©e.